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De l’usage des paillis de plastique en agriculture biologique

Centre d'agriculture biologique du Canada

Les consommateurs s’étonnent parfois que la norme de production biologique autorise l’usage de paillis de plastique dans les fermes biologiques. Après tout, les polymères de plastique sont des produits de synthèse dérivés du pétrole et n'ont rien de naturel.

La norme permet les paillis de plastique à base de polyéthylène, polypropylène et autres polycarbonates, à condition qu’ils ne soient pas incorporés au sol et qu’ils

Solutions de remplacement des films plastiques permettant de réchauffer la terre
- Semer ou planter dans des zones où les sols se réchauffent le plus vite. 
- Des gains de température peuvent être réalisés en élevant ou en billonnant les planches de cultures.
- Utiliser des mini-tunnels flottants.
- Choisissez les cultures et les variétés les mieux adaptées au climat.

soient retirés et éliminés de manière écologiquement responsable. Après la levée des films de plastique, un cycle de régénération du sol doit être amorcé pour renforcer sa santé.

Alors pourquoi certains agriculteurs biologiques persistent‑ils à utiliser des paillis de plastique? Parce que ces paillis ont leurs avantages, et de nombreux agriculteurs disposent déjà des outils nécessaires pour s'en servir.

Beaucoup d’exploitants maîtrisent leur utilisation et ils réchauffent la terre, ce qui aide les plantes à lever rapidement. Les paillis de plastique sont également synonymes de lutte rentable (c.‑à‑d. efficace par rapport au coût) contre les mauvaises herbes. À cet égard, ils ont cependant la concurrence d'autres méthodes. Mais pour augmenter la température du sol, ils n’ont pas leurs pareils! Les films de plastique clair et à transmission infrarouge (TIR) de couleur foncée peuvent réchauffer la terre de 4 à 8 °C (par rapport à une terre sans paillis de plastique). Le plastique noir est moins performant que ces films (+1,5 à 4 °C seulement). Les plastiques clairs et certaines teintes de films à TIR présentent cependant des inconvénients. Ils n’empêchent pas la croissance des mauvaises herbes et la température s’élève trop sous leur couvert, particulièrement dans les régions très ensoleillées.

Comparé à la terre nue, l’évaporation est moindre lorsque des paillis de plastique sont utilisés. Habituellement, les plantes sont plus propres, ce qui réduit les besoins de manutention après la récolte. Enfin, plus les produits sont propres, moins les pathogènes alimentaires risquent d’y être présents.

Solution mixte : paillis de plastique sur les rangs et culture de couverture haute entre les rangs
- Quand la culture de couverture devient haute, la faucher de manière à ce qu’elle couvre le plastique. 
- Cela rafraîchit le film et prolonge sa durée de vie utile.
- Des producteurs déclarent réutiliser leur paillis de plastique jusqu'à cinq années de suite!

Les paillis de plastique comportent aussi des désavantages. Le premier inconvénient est le prix de ces paillis et de l’équipement d’irrigation goutte à goutte particulier requis. La pluie et l’eau d’irrigation ne traversant pas le paillis, des systèmes d’irrigation doivent être installés sous le plastique. Des dépenses doivent être engagées pour la pose (manuelle ou mécanisée), le retrait et l’élimination éventuelle des films. Peu de déchetteries recyclent le plastique agricole. Des droits de décharge doivent être acquittés pour éliminer les résidus de paillis, qui vont s'accumuler dans des décharges.

Le ruissellement constitue un autre inconvénient majeur. La matière étant imperméable et très étendue, l’eau ruisselle à l'extérieur du paillis et érode le sol à divers degrés et peut également contaminer les cours d'eaux voisins. Cultiver un couvert végétal entre les rangs pour retenir l'eau et ralentir le ruissellement peut aider à résoudre le problème, mais cela est rarement fait.

De plus, certaines études montrent que la probabilité d’éclosion de maladies (p. ex., l’alternariose de la tomate) est supérieure dans les plantations incluant un paillis de plastique comparées à celles dotées d'un paillis de vesce. Mais le plus gros inconvénient demeure l’impossibilité de prendre soin du sol tant qu’il est couvert par un paillis de plastique.

Cependant, des solutions raisonnables de remplacement sont disponibles. Des essais comparatifs de production tenant compte des résultats de lutte contre les mauvaises herbes ont été menés avec un paillis de papier kraft (acheté en rouleaux) et un paillis de culture de couverture sur pied ou interrompue, en remplacement du paillis de plastique. Les paillis biodégradables sont de plus en plus prisés; ils sont autorisés si leurs composants satisfont pleinement aux exigences biologiques. Trouver un paillis biodégradable que la plupart des instances de certification vont accepter n'est pas facile et pour l'instant, un tel paillis coûte extrêmement cher. 

Les paillis ci‑dessus peuvent se substituer au plastique et ont l’avantage de se décomposer. Ce faisant, ils contribuent à la santé des sols et de l’environnement (les résidus de récolte davantage que le papier). Malheureusement, aucun d’eux ne permet de réchauffer conséquemment la terre en début de saison.

Le paillis de papier est plus lourd que le plastique, donc plus cher à transporter et plus pénible à manipuler. Il risque de se désintégrer prématurément et d’être plus difficile à installer et à maintenir en place. Les paillis végétaux n’engendrent pas les mêmes problèmes que le papier, mais ils offrent un bel habitat aux limaces et sont sans conteste les plus lents à réchauffer la terre au printemps! Les cultures de couverture peuvent devenir gênantes si elles poussent jusqu’à monter en graine.

Les paillis de papier et de végétaux vivants ou de cultures de couverture interrompues peuvent remplacer avec succès les films de plastique, à moins que le réchauffement précoce de la terre au printemps ne soit absolument requis. Davantage d'agriculteurs devraient les adopter.


Cet article a été rédigé par Rochelle Eisen, O-Team, pour le CABC grâce au soutien financier de la Grappe scientifique biologique du Canada (une partie de l’Initiative de grappes agro-scientifiques canadiennes du Cadre stratégique Cultivons l’avenir d’Agriculture et agroalimentaire Canada. La Grappe scientifique biologique est le fruit du travail de coopération accompli conjointement par le CABC, la Fédération biologique du Canada et les partenaires de l’industrie.


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Affiché en juin 2011

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