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Fraises et framboises biologiques du Canada : franchement meilleures!

Centre d'agriculture biologique du Canada

Rien n’évoque aussi bien l’été que les fruits frais, et les fraises et framboises figurent parmi les fruits les plus aimés des Canadiens. Bien qu’elles soient massivement cultivées de manière non biologique en divers endroits du pays, la demande en aliments biologiques de toute sorte, y compris en petits fruits ou « baies », augmente constamment. Or la plupart des fraises et framboises biologiques actuellement disponibles dans les supermarchés canadiens proviennent de Californie. Leur empreinte écologique est considérablement alourdie par leur transport (routier, aérien, etc.) sur les milliers de kilomètres qui séparent leur lieu de production de nos étals.

Des chercheurs de la Grappe scientifique biologique (GSB) du Canada étudient les mérites de la production biologique de fraises et framboises sous grands tunnels, ou « serres‑tunnels », et les possibilités associées au mode de production. Ils développent des systèmes qui permettront aux producteurs canadiens de faire pousser ces fruits à valeur marchande élevée en milieu protégé, afin d'offrir des baies de qualité aux magasins et consommateurs du pays.

L’équipe de recherche comprend des scientifiques de l’Université Laval et de centres de recherche et de développement québécois d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), ainsi que des partenaires de l’industrie (voir la liste des participants).

Non chauffées, les serres‑tunnels sont assez peu coûteuses, avec leur structure de cerceaux métalliques couverte d'une unique couche de film plastique. Elles constituent néanmoins une excellente solution pour prolonger les saisons de croissance et améliorer la productivité des exploitations, tout en protégeant les récoltes contre les conditions météorologiques extrêmes, les ravageurs et les maladies.

Un grand nombre de végétaux peuvent être cultivés sous tunnels, notamment les fleurs coupées, les légumes de plein champ et certains petits fruits à valeur marchande élevée, comme les fraises et les framboises. Dans les climats tempérés de certaines régions du Canada, les tunnels peuvent prolonger la saison de croissance en augmentant les températures et ainsi permettre des productions printanière et automnale, voire hivernale si la demande des marchés le justifie. Ils préviennent en outre les dégâts éventuels infligés par les précipitations (pluie, grêle, etc.) aux cultures fragiles. De plus, les plantes fruitières vivaces y sont protégées des dommages du vent. Elles peuvent sortir de dormance et entamer leur croissance plus tôt que les représentantes de leur espèce cultivées à l’extérieur, c.‑à‑d. dans les conditions habituelles, où elles sont exposées aux intempéries.

Les chercheurs de la GSB travaillent actuellement sur des cultivars de fraises remontantes. Les variétés remontantes (à floraison insensible à la photopériode) diffèrent des variétés nyctipériodiques (qui exigent des nuits longues pour fleurir) de par le fait qu’elles peuvent former des boutons floraux pendant toute la saison et tendent par conséquent à porter des fruits plusieurs fois par an. Les cultivars de fraises les plus communs développent des boutons en automne pour donner des fruits la saison suivante, qui s'étale sur une période relativement courte (quatre à huit semaines).

Les fraises remontantes, pour lesquelles un programme de sélection a été mis sur pied au Québec dans le cadre d'un projet distinct avec AAC, peuvent constituer un excellent choix pour les producteurs, car elles abondent tard dans la saison de croissance, bien après les dernières récoltes issues de fraisiers nyctipériodiques. Certaines variétés sont moins résistantes au froid hivernal, mais la protection assurée par les tunnels peut résoudre le problème. Les tunnels atténuent de surcroît le risque de maladie, d'infestation par des ravageurs et de prolifération de mauvaises herbes et, par conséquent, le recours aux produits phytosanitaires, ce qui allège l’empreinte écologique de la production de fraises.

L'équipe de scientifiques de la GSB met au point un système de culture biologique de fraises remontantes en conteneurs, dans lequel les fraisiers reçoivent la quantité exacte de fertilisants biologiques dont ils ont besoin et bénéficient d’une période de récolte optimale (jusqu’à trois mois). Les chercheurs cultivent les plantes dans un terreau biologique certifié incluant de la tourbe fournie par la première exploitation de mousse de tourbe ayant reçu la certification VeriFlora® de gestion responsable des tourbières (voir http://www.veriflora.com/fr/).

Les framboises se vendent à des prix particulièrement élevés au détail, mais leur saison peut être très brève et leur quantité et leur qualité, amoindries par des conditions météorologiques défavorables (p.ex., pluie et excès d'humidité). Les chercheurs engagés dans la GSB travaillent sur des cultivars de framboises remontantes sélectionnés pour leurs qualités fruitière et gustative. Les framboises rouges d'automne peuvent être récoltées de la fin juillet au premier gel, à la différence des framboises habituelles, qui arrivent à maturité en une seule vague entre le début et le milieu de l’été.

Avec les deux types de framboisiers, les chercheurs de la GSB comparent la fertilisation biologique sur laquelle ils travaillent et la fertilisation basée sur l’apport d'engrais de synthèse (fertilisation « conventionnelle »). Ils observent des indicateurs tels que la fertilité des milieux de croissance, la croissance des plantes, le rendement des cultures et la qualité des fruits.
Leur objectif est le développement de systèmes de culture biologique efficaces pour une production de fraises et framboises indépendante des caprices des saisons de végétation du pays. De tels systèmes permettront aux producteurs canadiens de baies de récolter des fruits biologiques de qualité attrayants pour le consommateur en raison de leur provenance nationale, voire locale, ce qui revient à fournir des aliments sains et savoureux produits dans le respect de l’environnement à la population canadienne.


Cet article a été rédigé par Jodi DeLong pour le CABC grâce au soutien financier de la Grappe scientifique biologique du Canada (une partie de l’Initiative de grappes agro-scientifiques canadiennes du Cadre stratégique Cultivons l’avenir d’Agriculture et agroalimentaire Canada. La Grappe scientifique biologique est le fruit du travail de coopération accompli conjointement par le CABC, la Fédération biologique du Canada et les partenaires de l’industrie.


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Affiché en juillet 2011

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